De tout et de rien !

Ce sentiment doux-amer…

Le soir, bébé et moi avons notre petit rituel : je m’allonge quelques minutes, je masse mon ventre avec une huile (soit-disant « anti-vergetures »… on verra si ça fonctionne, mais là n’est pas le sujet de cet article aujourd’hui) et je lui parle. Quelquefois, on écoute de la musique classique… cet enfant est déjà un passionné de Vivaldi, si j’en juge par ses mouvements intenses dès qu’il entend les premières notes. J’aime ce rdv avec lui, cet instant rien que nous 2, juste avant que je tombe dans les bras de Morphée…

En regardant mon ventre se déformer sous ses coups, j’ai ressenti l’autre soir un doux mélange d’émotions (qui doivent être accentuées par mes copines les hormones, je vous l’accorde…) : j’ai tellement hâte de voir mon bébé, de connaître ce petit être avec qui j’ai cohabité pendant de longues semaines, savoir enfin si c’est une fille ou un garçon (même si je suis quasi-sûre de savoir… on verra si mon intuition maternelle est bonne !), le contempler, le câliner, sentir son odeur… et en même temps, je suis (déjà !) nostalgique de mon gros ventre… Oui, tout ça peut paraître bête, voire complètement débile étant donné que mon gros ventre est encore bien bien présent (ah ça ! c’est sûr !), et normalement, pour encore 6 semaines environ… Mais j’appréhende déjà de le voir vide.

BB (1)
Petit B. qui veut déjà jouer avec le bébé…

Je me souviens de la première fois que j’ai ressenti ce « vide » : tout de suite après la naissance de M., j’ai eu une quinte de toux et… dans mon corps, ça a comme résonné… enfin je ne sais pas comment l’exprimer, mais ça sonnait creux quoi… Ma toux avait ce son étouffé, non « amorti » par la présence du bébé. J’ai réellement pris conscience que ce mon petit bébé n’était plus en moi, mais dans les bras de son Papa…

Je n’ai jamais eu de « baby blues » : j’ai connu évidemment de gros moments de fatigue après certains de mes accouchements, d’angoisses et de peur de ne pas y arriver… mais le tourbillon de la vie quotidienne m’a aidé à ne pas connaître ce blues qui s’installe, si perfide et si dévastateur pour beaucoup de mamans… non, moi j’ai juste ce syndrome du ventre vide. Voilà, c’est dit.

J’ai conscience d’avoir énormément de chance : j’ai (bientôt) 4 enfants, je n’ai jamais galéré pour être enceinte, et je sais bien que malheureusement, beaucoup  n’ont pas cette chance… le but de cet article n’est bien sûr pas de me plaindre, mais de partager ce sentiment qui m’envahit après chaque naissance, et je suis sûre que beaucoup de mamans le connaissent aussi, ou l’ont connu. Car je trouve qu’on n’en parle pas assez : il y a énormément d’articles sur les dépressions post-natales, l’allaitement, les différents maux liés à l’après-accouchement, la fatigue, etc. C’est très bien, mais pourquoi ne pas plus aborder ce sujet également ?

Et pourtant, c’est un joyeux bazar de sentiments ce syndrome, un véritable tremblement de terre émotionnel : évidemment, on contemple notre bébé, on est heureuses de l’avoir près de nous, on pourrait passer des heures à le câliner, l’embrasser… mais le « vide » est tout de même là. C’est ça : on a notre bébé dans les bras, la tête pleine de toutes ces choses qu’on a à gérer, mais le corps vide… Notre gros bidon est parti (oui bon, il est toujours là – à part pour les très très chanceuses qui retrouvent un ventre plat quelques jours après un accouchement 🙂 je ne fais pas partie de ces filles-là ! – mais raplapla et flasque… ça me fait penser à une réflexion de Mademoiselle M. après la naissance de B., qui m’a dit : « y’a un autre bébé dans ton ventre Maman ? Parce qu’il est encore gros… » Mouiiiiii, les enfants sont formidables). A chaque fois, j’ai le même manque : celui de ne pas sentir les petits coups de bébé dès le matin, ou pendant la nuit, si forts quelquefois qu’ils me réveillent… ne plus poser ma main sur mon ventre et le caresser (suis-je la seule folle à encore caresser mon ventre plusieurs jours APRÈS avoir accouché ? rassurez-moi !), ne plus être tout le temps avec mon bébé, ne plus avoir cette impression de « contrôle » et de protection, ni cette sensation de ne faire qu’un avec lui…

J’ai toutefois conscience que la grossesse n’est pas non plus toujours une partie de plaisir : moi au début par exemple, j’en bave vraiment. Mais vraiment quoi. Je ne parle pas des petites nausées que certaines connaissent le matin. Non, moi c’est nausées et vomissements, matin, midi, soir et nuit. Bref, je ne vais pas m’étendre sur le sujet mais les 3 premiers mois sont un véritable calvaire pour moi, et ça a été de pire en pire à chaque grossesse. Mais c’est comme ça, je le sais et j’essaie de supporter (et mon mari essaie de ME supporter 🙂 ). Et à partir du 4ème mois, je suis bien… enfin, je connais quelques petits désagréments mais rien de grave : je dors mal, j’ai mal aux reins, j’ai de fortes contractions et je suis essoufflée comme un bovin dès que je monte 3 marches… on se croirait au salon de l’agriculture. Mais je m’en fiche, j’aime mon « état ». J’aime être enceinte. Et actuellement à 33 semaines de grossesse, je commence déjà à me dire que tout est allé assez vite, finalement (note pour + tard = si bébé décide d’arriver + tard que prévu, je pense que je ne me dirais plus que tout est allé vite… c’est sûr !). J’ai hâte d’accoucher, mais en même temps, je redoute ce moment et je n’ai pas envie de dire adieu à cette grossesse. Que voulez-vous, la femme n’est que contradiction parait-il…

Et puis forcément, je me dis aussi que cette grossesse est peut-être la dernière, ce qui accentue ma nostalgie. C’est un peu le sujet récurrent d’ailleurs, surtout de la part des gens : « ah c’est votre 4ème ? c’est le dernier hein ?! », ou « bon après, va falloir se calmer et arrêter … » (véridique). C’est aussi un sujet de « blagues » avec mon mari, parce qu’à chaque début de grossesse, je lui dis les premiers mois (ceux pendant lesquels je suis une loque) : « plus jamaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis » (et je retourne camper dans les toilettes, ou j’erre dans la maison accompagnée de ma fidèle copine Jocelyne la bassine… charmant !). Et il me répond invariablement, et avec son flegme légendaire : « mais oui ma chérie, mais oui… » En tout cas, je me suis toujours dit que je ne voudrais pas savoir si c’est la dernière fois que je suis enceinte. J’aurais trop mal au cœur de me dire que c’est la dernière fois que je vis ces moments… mais là, je ne peux pas m’empêcher d’y penser… parce qu’en plus, de tous mes bébés, c’est celui-là qui bouge le plus, donc plus dur à mon avis sera ce sentiment de vide, j’en ai bien peur…

Je me dis qu’il faut que je profite du moment présent, mais c’est quelque chose de si difficile pour moi… ne pas trop se projeter, profiter, profiter, profiter…

Alors c’est vrai, ce soir j’ai un peu le cœur gros : un cœur rempli d’amour mais aussi de nostalgie… La faute aux hormones, sûrement. Ou peut-être à la fatigue… Allez, sur ces mots et ces petits maux, je vous laisse, je vais bientôt aller m’allonger, nous allons – bébé et moi – profiter de notre rituel, rien que tous les deux…

AC.

 

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Une réflexion au sujet de « Ce sentiment doux-amer… »

  1. Je partage aussi ce sentiment: hâte de rencontrer bébé mais aussi nostalgie du gros ventre… C’est très ambivalent et déstabilisant la fin de grossesse je trouve. Sans compter que j’ai toujours autant la frousse de l’accouchement!… Comme toi pour ma 1ère j’ai senti mon ventre vide, j’avais du mal à me dire qu’elle n’était plus là. Cela a duré une bonne semaine. Profites bien de tes dernières semaines en compagnie de ton baby! Allez je dis une fille 😉

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